Ces trois compétences constituent des axes de développement fondamentaux au coeur du Programme DCI :
La compétence affective consiste en la capacité à éprouver un registre large d’affects avec authenticité, maturité, sobriété et nuance, en accordage avec l’expérience affective de l’autre. Il s’agit également de tolérer les affects de l’autre tout en contenant la reproduction des enjeux relationnels dans le lien. |
| La compétence réflexive est la capacité d’établir des liens significatifs en recrutant des connaissances diversifiées. Le registre réflexif n’est pas utilisé pour « expliquer » mais bien pour contribuer à un dialogue de création de sens en évolution constante. C’est la capacité de réfléchir à la relation et le contexte pour ensuite en communiquer les éléments constructifs au lien. |
| La compétence interactive implique l’habileté d’alimenter un dialogue intersubjectif et ajusté à la relation. L’intervenant doit favoriser un espace relationnel où la personne peut développer ses propres compétences, donc son autonomie. L’intervenant aiguise son habileté à travailler les impasses en assurant une authenticité sobre, teintée d’empathie réparatrice. |
| Calendrier mai 2012 |
Le milieu communautaire a besoin d’être formé, reconnu et soutenu adéquatement, tout en respectant ses spécificités et son autonomie de pratique. Ce soutien gagne à se développer par et pour les organismes communautaires afin de concrétiser les solidarités et contribuer aux modèles et aspirations cliniques qui les concernent. Actuellement, les formations disponibles permettent rarement des processus continus, une supervision clinique appliquée et concrète et l’intégration des aspects personnels et expérientiels des intervenants.
« (…) la seule exposition à un milieu ou même la pratiques d’habiletés sans feedback et sans réflexion ne suffit pas à développer une compétence professionnelle intégrée (…) mais donne souvent l’illusion de la compétence» (Conrad Lecomte, 2009, p.5.05*).
Le Programme DCI offre une alternative aux types de formations prescriptives et manualisées. Bien que celles-ci réduisent l’ambiguïté et l’incertitude de l’intervention, l’intervenant peut s’enliser dans une recherche de la compétence dans laquelle il sera vulnérable à la honte et à l’isolement en dissimulant graduellement ses difficultés réelles, de l’ordre de la régulation affective.
«L’enjeu fondamental consiste peut-être à se demander comment vivre et accompagner la détresse de l’autre dans la complexité et l’incertitude, de façon tolérable» (Conrad Lecomte, 2009, p.5.04*)
Le cheminement privilégié par le Programme DCI propose un type de supervision favorisant une réflexion sur les modalités relationnelles tout en intégrant les caractéristiques personnelles et la trajectoire unique de l’intervenant dans son contexte de pratique. L’intervenant a aussi besoin de balises théoriques ouvertes et intégratives afin de réfléchir au continuum de la santé et de donner un sens à la complexité de la relation d’aide.