Le Programme DCI est une démarche de formation continue visant à développer des compétences affectives, réflexives et interactives en intervention. Ce projet est appuyé par le Regroupement des Organismes de Base en Santé Mentale des régions 04-17.
Favoriser le développement de ses propres compétences afin de mieux faire face aux enjeux relationnels et affectifs dans le lien. L’approche mise sur l’importance d’un dialogue authentique et axé sur le sens en construction de l’expérience unique de la relation, comme de la régulation affective réciproque, entre l’intervenant et la personne aidée.
La première étape d’une session est consacrée à la présentation des participants, de la structure du cheminement, et à l’élaboration des thèmes et des enjeux abordés lors de la session. Par la suite, la formation intègre des réflexions théoriques, des interventions supervisées entre les participants, des supervisions cliniques et des ateliers de croissances personnelles. Bien que certains volets soient planifiés préalablement, chaque journée commence par une discussion où le groupe exprime ses besoins et ses attentes. Donc, le Programme DCI se veut d’abord une approche d’émergence centrée sur l’intervenant.
Les valeurs communautaires en intervention; le dialogue herméneutique; le sens de l’intervention en santé mentale dans la société contemporaine; les enjeux d’attachement, d’estime de soi et éthique dans le lien thérapeutique; l’observation du contact ici et maintenant et du processus relationnel; l’intervention et les troubles de la personnalité; la régulation affective réciproque de la relation thérapeutique; l’imagination et la créativité en relation d’aide; le cycle thérapeutique reproduction-reconnaissance-réparation; l’hygiène de vie de l’intervenant; etc.
| Séminaire clinique, 24 mai 2013 |
Le milieu communautaire a besoin d’être formé, reconnu et soutenu adéquatement, tout en respectant ses spécificités et son autonomie de pratique. Ce soutien gagne à se développer par et pour les organismes communautaires afin de concrétiser les solidarités et contribuer aux modèles et aspirations cliniques qui les concernent. Actuellement, les formations disponibles permettent rarement des processus continus, une supervision clinique appliquée et concrète et l’intégration des aspects personnels et expérientiels des intervenants.
« (…) la seule exposition à un milieu ou même la pratiques d’habiletés sans feedback et sans réflexion ne suffit pas à développer une compétence professionnelle intégrée (…) mais donne souvent l’illusion de la compétence» (Conrad Lecomte, 2009, p.5.05*).
Le Programme DCI offre une alternative aux types de formations prescriptives et manualisées. Bien que celles-ci réduisent l’ambiguïté et l’incertitude de l’intervention, l’intervenant peut s’enliser dans une recherche de la compétence dans laquelle il sera vulnérable à la honte et à l’isolement en dissimulant graduellement ses difficultés réelles, de l’ordre de la régulation affective.
«L’enjeu fondamental consiste peut-être à se demander comment vivre et accompagner la détresse de l’autre dans la complexité et l’incertitude, de façon tolérable» (Conrad Lecomte, 2009, p.5.04*)
Le cheminement privilégié par le Programme DCI propose un type de supervision favorisant une réflexion sur les modalités relationnelles tout en intégrant les caractéristiques personnelles et la trajectoire unique de l’intervenant dans son contexte de pratique. L’intervenant a aussi besoin de balises théoriques ouvertes et intégratives afin de réfléchir au continuum de la santé et de donner un sens à la complexité de la relation d’aide.